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Private Performance

Kazak No.7, Les Alentours Performatifs de l'Oeuvre, June 2009

Dans le jargon de l'art contemporain, la performance induit un public, parfois la participation des spectateurs. Je suis moins concerné par cette forme d"art bien que prêt à y participer, à regarder, y reconnaissant des productions fortes dans ce qui a pu se faire récemment. Beaucoup de ces performances ont été enregistrées par vidéo avec les spectateurs, d'autres pour un public imaginaire. J'aimerais en citer trois qui ont eu un impact fort sur moi, mais je les garde pour moi. Nous avons tous des opinions différentes, nous ne serons jamais d'accord.


J'essaie de comprendre pourquoi on me demande d'écrire au sujet de l'aspect performatif de mon travail, l'idée du public me désoriente, je repousse l'écriture, j'ai du mal à écrire, mais je réalise que le mot « forme » est dans performance, et là je tiens quelque chose. La forme est un autre mot pour la configuration, et la forme, que je le veuille ou non est inévitable dans cette affaire. Nous performons tous jusqu'à un certain degré, mais aucun mouvement n'est le même : nos formes se réinventent constamment alors que chacun d'entre nous se confronte à une tâche, en faisant l'amour, en fabriquant une table, du pain, en baguant un oiseau, en attrapant un poisson.


Je réalise que plus de 50% de mon travail est d'un aspect performatif, je m'agite, je tousse, je me fais des clins d'œil et me chuchote à moi-même, parmi d'autres mouvements corporels qui peuvent sembler douteux. Plus de temps est passé à l'extérieur de l'atelier qu'à l'intérieur, le plus possible dehors, c'est ainsi que je me persuade. C'est évident que je fais de la performance, j'essaie de donner forme (pensée, matériaux, pain, mots) et le seul public est celui qui se trouve être avec moi quand par exemple je plie la pâte à pain.
Alors ils participent, deviennent acteurs quand ils mangent le résultat.


La cuisine devient l'atelier pour un moment, et le temps devient partie intégrante d'une recette spécifique de pain. Une recette où il y a si peu de manipulation c'est proche de la magie, les ingrédients mélangés attendant 24 heures que les molécules de gluten s'alignent afin de maximiser l'occasion de se lier et de produire un réseau élastique fort. Il y a de la mobilité dans ce processus, les molécules se déplacent, la pâte gonfle, mais le pétrissage, "la main à la pâte", n'est pas requis. Puis un pliage rapide, la chaleur accomplit le reste. J'imagine que je pourrais être en train de fondre du plomb, ou de faire un pain de bronze, à partir de la cire, sauf que dans une fonderie, il semblerait qu'il y ait d'avantage de conscience corporelle provenant de l'épuisement, du danger.


Bread/Lead/Dead.1


Le touché léger :
Faire du vélo. La verticalité est dépendante de l'équilibre corporel et de certains mouvements répétitifs. Une forme de vol, mais sujet à la gravité terrestre.


Nager. Quand on voit de Peau, on voit de la réflection, c'est si proche de la lumière, si immatériel.
Nager dans la lumière, la nage légère.


Faire du vélo, nager :
Des façons d'explorer, une demandant une attention constante, ayant affaire avec une physicalité et une matérialité absolues, gardant l'équilibre: l'autre, partout et hors de ce monde. Les deux sont des moyens de négocier avec le monde, aidant à trier, prélever, jeter.


Le congre. J'en achète régulièrement la partie inférieure, c'est remplie d'arêtes, personne ne la veut, c'est donné. Quelqu'un que j'ai connu a fait d'incroyables sculptures avec ces glissades. Quand c'est cuit, la chaire se rétracte, les arêtes apparaissent, faciles à soustraire. L'arête en tant que réduction à l'échelle de la forme/ligne du congre.

1 pain/plomb/Mort


Stephen Maas